3000 av. JC

statuette Egyptienne

100-200 de notre ère

peinture rupestre

Xème siècle 

Kabuta-Gata

XVIème siècle

Gabriel Fallope

XVIIè siècle

Louis XIV

XVIIIè siècle

Lazzaro Spallanzani

préservatif en caecum

XIXè siècle

préservatif décoré XIX

premier préservatif en latex

XXè siècle

Le Pratique, pour dames

6000 av. JC :

Les premières traces de protection du pénis remontent à l’an 6000 avant notre ère, chez les Egyptiens.

3000 av. JC :

Il est rapporté que des soldats égyptiens utilisaient des boyaux de mouton ou des vessies de porc afin de se protéger contre les maladies vénériennes (dessin). C’est par la suite (IIème siècle av. JC) que le « préservatif » a été utilisé comme moyen contraceptif, en papier de soie ou en tissu huilé, de soie ou de velours.

100-200 de notre ère :

Les plus anciennes preuves de l’usage du préservatif en Europe proviennent des scènes de peintures rupestres des grottes de Combarelles en France, montrant un homme et une femme faisant l’amour, avec le pénis de l’homme « protégé ».(photo)

Xème siècle :

Les Chinois utilisent le papier de soie huilé, sorte de fourreau, et les Japonais optent pour les accessoires fabriqués en écailles de tortue ou en cuir, appelés Kabuta-Gata, rangés dans des « boîtes joyeuses ».

Ces préservatifs rigides pouvaient aussi servir d’accessoires de jeux intimes.

XVIème siècle :

Le chirurgien et anatomiste Italien Gabriel Fallopio (représenté ici) étudie le premier les « préservatifs prophylactiques », c’est-à-dire protégeant contre les maladies sexuellement transmissibles. Né à Modène en 1523, c’est lui qui a décrit le premier le « fourreau d’étoffe légère, fait sur mesure, pour protéger des maladies vénériennes ». Surnommé « l’Esculape » de son siècle, ce grand Homme a été amené à guérir Jules II et François Ier. En 1564 paraît la première publication connue concernant la description d’essais d’utilisation de préservatifs protégeant contre la « carie française » ou syphilis et publiée sous le nom de « De morbo gallico ». Dans le chapitre consacré à la « préservation contre la syphilis, Gabriel Fallope mentionne à propos de cette invention: « Demum cum coiverit ponat supra glandem et recurrat praeputium« , phrase que l’on traduit souvent par « Seulement lorsqu’il aura des rapports, qu’il le place sur le gland et fasse revenir le prépuce« .

Malheureusement, de nombreux férus de latin ont tendance à traduire « coiverit » par « aura eu un rapport », ce qui sous-entend que le préservatif n’était utilisé qu’après l’acte, comme un pansement. Cette invention, baptisée « gant de Vénus » par Shakespeare, fut abandonnée rapidement, et au début du XVIIème siècle, un certain Ranchin préféra dire « Mieux vaut que l’on ne séjourne pas trop longtemps avec une femme gastée et que l’on soit diligent à laver et sécher le membre, car si l’on s’y endort longuement, il n’y a plus de remèdes. Enfin, le membre doit être droit et non pas mol et flasque, pour ce que, autrement, il boit l’infection comme une éponge et tout devient inutile ».

XVIIè siècle :

L’origine du mot « condom » est controversée : certains pensent que ce mot vient du latin « condus » qui signifie « respect », d’autres l’attribuent à son inventeur, Monsieur Condom ou Conton, qui travaillait à la cour du Roi Charles II. En France, c’est Louis XIV (représenté ici) qui démocratise l’utilisation du préservatif, bien que cela soit formellement interdit dans la pays, sous peine de prison. A cette époque, le préservatif est toujours en boyau animal et n’est ni très sûr ni très confortable.

XVIIIè siècle :

Lazzaro Spallanzani, (représenté ici) religieux, biologiste et physicien Italien, né près de Modène en 1729, apporte la preuve expérimentale de ce qu’avançait l’entomologiste Hollandais Jan Swammerdam au siècle précédent : la génération nécessite la pénétration de la semence mâle dans l’ovule de la femelle. Et ceci grâce à une expérience menée sur des grenouilles mâles : leur poser de petits caleçons de lin ciré sur le pénis n’empêchait pas la pénétration mais la fécondation. Il fait partie également des inventeurs du préservatif utilisé comme contraceptif.

La commercialisation et la démocratisation du préservatif se sont développées au cours de ce siècle, lorsqu’à la suite d’une conférence organisée à Utrecht en 1712, de nombreux hommes venus pour la conférence ont attiré de nombreuses femmes de joie qui avaient amené avec elles quelques maladies vénériennes. Un artisan eut l’idée de traiter ces problèmes en inventant un fourreau de cæcum de mouton, fermé à une extrémité, et à utiliser lors de la pénétration sexuelle.(représenté ci-contre, avec un ruban). Les fortes demandes lors de ce siècle de libertinage aidèrent le préservatif à se faire une place de choix dans la protection contre les maladies de l’époque comme la chaude pisse, ainsi que pour le contrôle des naissances. Des personnages illustres comme Casanova contribuèrent également à son essor.

XIXè siècle :

Toujours en matière animale, le préservatif était réparable et pouvait donc servir plusieurs fois. Devenu objet embelli et décoré, il a pourtant suscité de nombreuses polémiques, a été rejeté, critiqué mais aussi adoré et maintes fois usité. L’origine du mot « condom » a été attribuée au Docteur Condom, son inventeur, selon l’éminent médecin Allemand François-Xavier Swediaur, dans son Traité complet des maladies syphilitiques. Il n’était pas question de refuser la version d’un aussi éminent spécialiste et l’histoire du Docteur Condom fut adoptée par les encyclopédistes et auteurs de Dictionnaires: Pierre Larousse, Louis-Nicolas Bescherelle, Emile Littré… On sait aujourd’hui que ce docteur Condom n’a jamais existé ailleurs que dans l’esprit inventif de Swediaur. Une autre hypothèse est que le nom « condom » proviendrait du latin condere, signifiant « cacher, protéger ».

Le préservatif en caoutchouc est né suite à l’invention de la vulcanisation par Goodyear en 1839. En 1843-44, Goodyear et Hancock se lancent dans la production industrielle de préservatifs en caoutchouc vulcanisé, le rendant très élastique, lavables et réutilisables. (photo) « … si l’on veut se servir d’un préservatif en caoutchouc à plusieurs reprises, il faut d’abord le choisir plus grand à cause de son rétrécissement et le laver dans une solution de sublimé et l’essuyer à chaque fois que l’on s’en est servi. Après une insufflation d’air pour s’assurer de son intégrité et de sa résistance et pour enlever les plis, on saupoudre le condom à l’aide de lyocopode acheté à la pharmacie ou de talc que l’on se procure chez le marchand de couleur, et après avoir tourné et retourné le condom dans cette poudre, on l’enroule sur deux doigts pour le conserver à l’abri de la lumière, de la chaleur et du froid excessifs. Il faut également préserver le caoutchouc du contact avec les corps gras (huiles, graisses, vaseline, paraffine), l’acide phénique, etc., qui le dissoudraient …  » (Lip Tay, ouvrage de 1908 sur la préservation sexuelle).

En 1880, les premiers préservatifs en latex sont produits, qui se démocratisent à partir de 1930.

XXè siècle :

En 1901 apparaissent les premiers préservatifs aromatisés, colorés, aux formes et textures les plus surprenantes. Cachés dans des packagings astucieux, ils sont encore lavables et garantis 5 ans.

Au début de ce siècle a été inventé également le préservatif féminin, appelé « le Pratique ». En 1908, la société Excelsior (affiche ci-contre) vantait le préservatif féminin : « Le Pratique, [préservatif] pour dames, en feuille anglaise extra et à bourrelet pneumatique, [est] comme un second vagin protecteur qui garantit la sécurité complète, laisse l’illusion du naturel et ajoute à l’intensité des sensations ». Il a malheureusement disparu sous cette forme, pour renaître en 1985 sous la forme d’un dispositif intra-vaginal en polyuréthane et être commercialisé en 1992 aux Etats-Unis sous le nom de Fémidom®. Aujourd’hui, il est en nitrile et est commercialisé pour la France, la Belgique et le Luxembourg par Terpan.

A cette époque disparaît le préservatif en cæcum de mouton, au profit du latex, aux propriétés bien plus intéressantes. L’automatisation des lignes de fabrication offre une deuxième révolution dans les préservatifs faits à partir de latex liquide. Le premier à utiliser ces techniques est Bristish Latex Products, qui deviendra par la suite London Rubber Company.

Après la 1ère Guerre Mondiale, le condom est à nouveau en ligne de mire des défenseurs de la natalité, qui se heurtent aux femmes souhaitant plus de libertés et aux hommes partant au front. Certains pays interdisent même la fabrication et la commercialisation de ces outils de protection.

En 1932 une nouvelle firme Américaine développe une technique innovante de traitement du latex et marque ainsi le début de la production de masse.

Durant la 2nde Guerre Mondiale, l’armée américaine décide d’équiper ses soldats de préservatifs afin de lutter contre la syphilis qui avait fait tant de mal précédemment. On découvre alors une utilisation surprenante du préservatif : les soldats engagés dans les combats en détournent l’usage en employant ces préservatifs pour protéger leurs armes du sable et de l’humidité.

C’est en 1957  qu’apparaissent les premiers préservatifs lubrifiés en Europe, d’abord au Royaume Uni puis en 1961 en France.

Au début des années 1980, l’apparition du SIDA fait du préservatif le moyen le plus sûr pour lutter contre cette maladie. Son utilisation est alors largement relayée par des campagnes de prévention menées par les autorités publiques, des personnalités du spectacle, des associations. Sa publicité est autorisée en 1987, à condition d’obtenir le visa de commercialisation décerné par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé, au même titre qu’un médicament.

Devant l’urgence sanitaire, les préservatifs se doivent d’être toujours plus attractifs. De nouvelles formes plus confortables, des textures variées, différentes tailles et parfums personnalisés, tout est bon pour démocratiser le préservatif.

XXIème siècle :

Depuis le début de ce siècle, les tendances en matière de préservatifs ne font qu’évoluer et les entreprises recherchent de plus en plus la nouveauté. les préservatifs, désormais à usage unique, existent désormais sans latex,  faiblement protéinés pour éviter les risques d’allergies, à double voire triple texture, double couleur, etc….